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Gestes barrières et population : Une cohabitation compliquée

Gestes barrières et population : Une cohabitation compliquée

Cela fait un an maintenant que le monde est confronté à la crise sanitaire du coronavirus.  A l’instar des autres nations, le Burkina Faso a été frappé de plein fouet par la covid-19 avec son corollaire de conséquences socio-économiques. C’est en mars 2020 que le pays des Hommes intègres a connu ses premiers cas de contamination ce qui a entraîné la mise en place des premières mesures restrictives.

Pour limiter la propagation de la maladie, les autorités avaient suspendu les grands rassemblements, les lieux de réjouissance. Les marchés, les écoles et universités furent aussi fermées. Le port du masque était devenu obligatoire. Il faut dire que ces séries de mesures ont pris de court de nombreux burkinabè qui jusque-là n’avaient jamais été confrontés à pareille situation d’urgence. Il y a eu aussi l’instauration d’un couvre-feu qui a beaucoup impacté les activités économiques.

Une insouciance à tous les niveaux

Lorsque les premières mesures restrictives furent instaurées, la population dans son ensemble s’est conformée. La maladie à coronavirus avait installé un véritable climat de psychose et le meilleur moyen de se prémunir est de respecter les mesures de gestes barrières. La population burkinabè a donc vécu au rythme de ce contexte extraordinaire pendant plusieurs semaines. Par la suite, un sentiment de lassitude général s’est installé au sein de la population qui n’en pouvait plus des différentes restrictions. Entre-temps, le nombre de contaminations a connu une diminution et les premières autorités ont desserré l’étau en levant plusieurs mesures restrictives comme le couvre-feu, les marchés, les écoles et des universités ont rouverts leurs portes. S’en est alors suivi une période où les burkinabè ont rangé la covid-19 aux oubliettes, les vieilles habitudes ont repris le dessus avec un délaissement des gestes barrières. Ce qui a aggravé les choses, c’est sans contexte la période de la campagne électorale où on a assisté à des regroupements en masse.

Gestes barrières et population : Une cohabitation compliquée

Durant la période électorale on entendait presque plus parler du coronavirus, c’était comme si tout était normal. Même le point hebdomadaire de la situation épidémiologique avait disparu des radars. Les acteurs politiques, dans leur grande majorité ont bafoué les mesures de gestes barrières, de hauts responsables ont été aperçus sans cache-nez ne respectant pas la mesure de distanciation sociale. C’était un désordre généralisé. Quand les populations ont vu leurs premiers responsables foulés au pied les gestes barrières, une forme d’insouciance vis-à-vis du coronavirus s’est enracinée. Résultat, de nombreux burkinabè ne croyait plus en la maladie et ce qui devait arriver, arriva. Durant le mois de décembre, après le scrutin présidentiel, les cas de contamination dus au coronavirus ont littéralement explosé, des chiffres record ont été annoncés et c’est ainsi que le Burkina Faso fait face à une deuxième vague épidémiologique.

Renforcer les campagnes de sensibilisation

Les autorités ont appelé les populations à la plus grande vigilance en rappelant que le meilleur moyen de se protéger du coronavirus c’est de respecter les mesures de gestes barrières. Malheureusement, le constat est amer, une large partie de la population ne respecte plus les gestes barrières, certains citoyens estiment même que le coronavirus n’a jamais existé au Burkina Faso. À la différence de la première vague, la deuxième vague de contamination ne suscite pas de peur auprès de la population burkinabè. Les premières autorités quant à elles sont dos au mur. À un moment elles n’ont pas donné l’exemple et cela a eu un impact négatif sur la vision de la population par rapport à la maladie. Le port du masque est toujours obligatoire mais une fois en circulation on se rend compte que la mesure est caduque, non respectée.

La distanciation sociale n’est pas aussi respectée. On peut constater cela lors de certaines cérémonies comme les mariages et les baptêmes où le coronavirus est le cadet des soucis des invités. La deuxième vague de contamination déferle sur le pays des Hommes intègres dans l’insouciance totale. Le pays est à plus de 6000 cas de contamination et il est certain que ce chiffre risque d’augmenter dans les jours à venir. Il faut une prise de conscience au niveau des populations et une sensibilisation de tous les instants pour ralentir la propagation du coronavirus, les mesures de gestes barrières doivent être strictement respectées. Si rien n’est fait, le système sanitaire qui est déjà dans une léthargie indescriptible sera débordé dans tous les sens et les conséquences seront dramatiques.

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