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Bénin : Le leadership féminin au cœur d’un atelier de 2 jours organisé par l’assemblée parlementaire de la francophonie à Cotonou

Bénin : Le leadership féminin au cœur d’un atelier de 2 jours organisé par l’assemblée parlementaire de la francophonie à Cotonou

La capitale économique du Bénin, Cotonou a abrité du 30 septembre au 1er octobre 2021, un atelier parlementaire sur le thème : « leadership politique des femmes : de la législation au défi des réalités socioculturelles au Bénin ».

Laurent TONEGNIKES

Des députés béninois, des acteurs de la société civile, les réseaux d’organisation de défense de la femme, les membres de l’institut national de la femme ont participé durant deux jours à cet atelier qui a permis de se pencher sur la problématique des défis qui constituent des obstacles à l’émancipation politique de la femme béninoise sur le thème : leadership politique des femmes :de la législation au défi des réalités socioculturelles au Bénin.

Pour le député Assan SEIBOU, président du comité d’organisation de cet atelier, il est temps de se pencher sur cette question. Pour lui, « l’hypocrisie a assez durée ».

« Il faut aller au débat et relever les défis », a-t-il conclu dans son message de bienvenue.

Maryse GAUDREAULT, présidente du réseau des femmes parlementaires de l’agence parlementaire de la francophonie s’est fait représenter par la député du Gabon Angélique NGOMA, présidente de la commission de la coopération et du développement durable de l’APF.

Dans son discours lu par cette dernière, il ressort que le réseau des femmes parlementaires de la francophonie a été créé en 2002 à Berne. Ce réseau se compose de toutes les femmes parlementaires de la francophonie. En créant ce réseau, l’APF a voulu renforcer la place et le rôle des femmes en son sein mais également dans ses parlements membres.

Par ailleurs, le réseau organise des séminaires de sensibilisation et d’information sur des thématiques relatives à la promotion et à la protection des droits des femmes. Cet atelier s’inscrit donc dans la ligne droite des activités de l’APF.

«Dans la sphère politique de l’espace politique tout d’abord je me réjouis de voir que de plus en plus de femmes sont aujourd’hui présente. Les Etats accordent une importance croissante à la question de la représentation des femmes en politique», a-t-elle déclaré.

Pour la présidente de l’institut national de la femme, Claudine PRUDENCIO, il est clair que la fille qui subit l’excision depuis son bas-âge et qui est victime de mariage forcé perd sa dignité et totalement la confiance en soi. Impossible d’avoir des traces dans le rang des femmes leaders demain. Elle qui est appelée à animer l’espace publique et politique.

« vous convenez avec nous que la femme que la société contraint à offrir son partenaire qui la violente constamment ne sera porteuse d’aucune ambition de se faire valoir dans l’espace de prise de décision. Et même quand la sensibilisation est en cours et qu’elle prend conscience de sa situation d’esclave, la vulnérabilité économique plombe ces capacités de sortir du gouffre de l’esclavage des temps modernes », a-t-elle poursuivi.

La présidente de l’INF est plus que convaincue qu’il faut apporter des solutions « hardies » à ce genre de fléau. Notamment par le renforcement de la législation en la matière. Cette préoccupation partagée par le réseau des femmes parlementaires de l’APF la rassure.

Le Bénin fournit des efforts « incessants » pour promouvoir l’égalité de sexe et pour révéler la femme béninoise dans tous les secteurs de la vie socio-économique. D’après les différentes lois votées et celles en cours d’adoption, pour mieux positionner la femme béninoise afin de corriger le mauvais positionnement du Bénin qui occupe la 169ème place au plan mondial en matière d’égalité du genre.

L’ambition clairement affichée du président de la République Patrice TALON permet de tracter plus haut le Bénin dans ce domaine. La constitution du Bénin fait désormais une discrimination positive en faveur des femmes pour améliorer leur représentativité afin de corriger les statistiques actuelles. 8,43 pour % de femmes à l’assemblée Nationale , 3,36 % d’élues communales et 21 % de femmes ministres. Des statistiques qui montrent que le Bénin a encore de grands défis à relever en matière de participation des femmes à la vie politique.

Véronique TOGNIFODE MEWANOU, ministre des affaires sociales et de la microfinance, a remercié le réseau des femmes parlementaires de l’APF pour avoir pris l’initiative de cette rencontre dont l’intérêt n’est plus à démontrer.

« je suis d’autant ravi que la question du leadership féminin politique placé au cœur des discussions du séminaire constitue une préoccupation en parfaite cohérence avec la vision du chef de l’Etat le président Patrice TALON avec des enjeux de l’autonomisation de la femme et de l’égalité des sexes dans notre pays », a-t-elle souhaité.

Et de continuer : « S’il est vrai que malgré de nombreuses difficultés et revers, des progrès significatifs ont été réalisés en terme de leadership politique féminin , il n’en demeure pas moins que le Bénin est encore loin des 30 % de représentativité proposée par la 4ème conférence mondiale des femmes à Beijing en 1995 et 50 % suggérés par l’union Africaine. Quelque soit la région du monde considérée les femmes restent largement absentes de la sphère politique souvent en raison des lois des pratiques des comportements , des stéréotypes sexistes discriminatoires parce qu’elles ont un faible niveau d’éducation ou beaucoup plus touchée par la pauvreté que les hommes. Pour le 2ème vice-président de l’assemblée Nationale ».

Dakpè SOSSOU qui a officiellement lancé les travaux sur la participation des femmes à la vie politique de nos jours constitue un véritable enjeu de développement.IL ne manquera de citer l’ancien président Burkinabè Thomas SANKARA qui disait «Il n’y a de révolution sociale véritable que lorsque la femme est libérée.» les femmes demeurent faiblement représentées aussi bien au niveau des instances décisionnelles que consultatives. Selon l’ONU sur 193 pays seuls 16 pays sont dirigés par des femmes. Il faudra donc travailler à faire mieux. Même si en Afrique des efforts ont été faits au Rwanda au Sénégal et en Afrique du Sud qui ont respectivement 61%, 43% et 42% des femmes représentées au parlement, il estime que beaucoup d’efforts doivent être fournis par la majorité des Etats afin d’accorder à la femme la place qu’elle mérite dans la société. Le Bénin fait toutefois des efforts avec l’élection d’une femme aux hautes fonctions de vice-présidente de la république . Dès la prochaine législature, un siège est d’office réservé aux femmes par circonscription électorale. Ce qui 24 sièges soit 22 pour cent sur les 109 députés à élire. Le vice président de l’assemblée nationale se réjouit également de la création de l’institut national de la femme.

Les travaux de cet atelier ont été marqués par quatre communications présentées par différentes personnalités dont Guillaume CHEVROLIER sénateur français et Blanche SONON présidente de Social Watch Bénin. Au terme de l’atelier les députés béninois repartent satisfaits avec l’engagement de travailler à mettre en place une véritable législation qui protège et promeut la femme béninoise. Claudine PRUDENCIO présidente de l’INF très optimiste a exprimé sa volonté de voir les lignes bouger.

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